Présentation de la Thérapie Intégrée d’Attachement
(TIA)

La TIA tire ses racines de l’évolution de la TIPA vers une approche enrichie de l’expertise acquise auprès de patients présentant une clinique sous-tendue par un trouble de l’attachement. Leurs besoins particuliers ont conduit à l’élaboration d’une prise en charge ciselée, exclusivement et directement, centrée sur cette dysfonction si spéciale.

Pour cela, la TIA a intégré dans son processus de création, les préceptes psychothérapeutiques énoncés par J. Bowlby qu’elle s’était appliquée à suivre de manière cohérente, non sans avoir été confrontée à la complexité éprouvée dans la conversion de cette théorie en une thérapie non psychanalytique et non cognitive.

Loin de partir d’un modèle médical, la TIA s’appuie donc, sur une base psychopathologique érigeant l’insécurité d’attachement, qui participe grandement, des problématiques personnelles et interpersonnelles vécues par le sujet, au rang de mécanisme explicatif de sa souffrance. Tout autant, la TIA fait de la relation thérapeutique qu’elle aborde à l’aune de l’attachement, sans aucune appréhension transférentielle, un levier thérapeutique à part entière. En plus de l’éclairage instructif qu’il offre dans l’appréhension du trouble, le concept bowlbien a permis l’établissement d’une intervention flexible avec le développement de techniques spécifiques. Le déploiement de celles-ci est assuré grâce au recours à des stratégies adaptées à chaque patient et à chaque situation, selon des lignes directrices préétablies, guidant aidé et aidant, dans ce colloque singulier qui les engage pour un temps précis.

La faisabilité de cette thérapie a été évaluée avec succès, dans le cadre d’une étude menée au C.H. Sainte-Anne (Paris), sur le trouble dépressif persistant. Les résultats définitifs de cette investigation ont été présentés au dernier congrès international de l’AFTIP ayant eu lieu en mars 2022.

Le cadre thérapeutique

Se compose d’un socle triparti dont les éléments sont étroitement articulés autour de l’attachement qui en constitue le pivot central.

1-  La psychopathologie = l’insécurité d’attachement
2-  La relation thérapeutique = la relation attachementale
3-  L’intervention :

  • Les techniques spécifiques :
    • L’analyse de la dysrègulation émotionnelle stratégique (ADES)
    • La réélaboration représentationnelle (RR°) (relation actuelle, relation parentale dans l’enfance)
    • La gestion interactionnelle d’attachement (GIDA)
    • La resynchronisation cognitivo-émotionnelle (RCE)
  •  Les stratégies de mise en œuvre
  •  La conduite thérapeutique

La structuration

La TIA se déroule selon une certaine chronologie tenant à faire progresser le sujet étape par étape, tout en respectant sa temporalité.

1) Exploration

  • Développement de la relation attachementale
  • Caractérisation de la désorganisation attachementale du sujet
  • Evaluation du contexte de la relation problématique

2) Engagement

  • Développement de l’alliance de travail

3) Remaniement

  • Intervention sur l’attachement
  • Intervention sur la relation problématique

4) Investissement

  • Amélioration pratique des échanges relationnels

Les niveaux d’intervention

Une thérapie efficace, c’est celle qui est également, en mesure de s’adapter au profil du patient. Dans ce sens, la TIA est modulée à un double niveau, en fonction du style d’attachement ainsi que du niveau d’insécurité d’attachement du sujet :

  • Niveau 1 :
    • Insécurité d’attachement centrée sur le présent
    • Intervention : régulation émotionnelle d’attachement et représentations de soi/autre dans la relation actuelle.
    • Durée minimum de séances : Préoccupés : 16 ; Détachés : 20 ; Craintifs : 24
  • Niveau 2 :
    • Insécurité d’attachement fixée dans le passé
    • Intervention : régulation émotionnelle d’attachement et représentations de soi/autre dans la relation actuelle et dans la relation parentale à l’enfance.
    • Durée minimum de séances : Préoccupés : 20 ; Détachés : 24 ; Craintifs : 28

Les indications

La TIA est indiquée dans des cas de troubles en rapport avec un mal être avec soi et/ou un mal à être avec une figure d’attachement (FA), isolés ou associés à des comorbidités psychiatriques et/ou addictologiques :

  • Un mal à être avec une FA (confiance en soi) = niveau 1:
    • Relation en cours :
      • relation parentale
      • relation conjugale (relation amoureuse)
      • relation professionnelle
    •  Relation interrompue :
      • rupture sentimentale
      • divorce
      • deuil
    •  Relation en devenir :
      • accès à la parentalité
  • Un mal être avec soi (estime de soi) = niveau 2

Le principe

L’idée est de proposer une thérapie élaborative, limitée dans le temps mais, dotée d’outils suffisamment spécifiques et adaptés à la singularité du patient, de manière à permettre malgré tout, un travail en profondeur de sa problématique attachementale, sans l’engager pour autant, dans une prise en charge longue qui de surcroit, ne saurait être un gage d’efficacité.

En tenant compte de certains aspects repérés dans l’histoire du sujet, cette modélisation de la TIA, consistant en une intervention ancrée dans l’ici et maintenant, rompt ipso facto, avec la dichotomie classique opposant présent et passé.